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  • judith veil

Erasme de Stefan Zweig

Stefan Zweig choisit d’écrire cette biographie en 1935, alors que la menace nazie plane sur l’Europe. Son héros, mêlé de près à la sanglante Réforme protestante (XVIe siècle), lui permet à la fois de montrer l’absurdité et les ravages du fanatisme, mais aussi le danger de ne pas intervenir en espérant que les tyrans deviendront raisonnables.

« Erasme de Rotterdam, la gloire de son temps, n’est plus guère de nos jours qu’un nom, reconnaissons-le. » Je le reconnais : je ne savais pas grand chose de ce moine extraordinairement cultivé, prônant la tolérance des idées et des croyances tout en exerçant son esprit critique sur tous les aspects de sa société. Je connaissais davantage Luther, son antagoniste maléfique (dans cette bio :)

Dans son Éloge de la folie, Erasme, célèbre à l’époque dans toute l’Europe, reproche avec habileté à l’église catholique de préférer les richesses matérielles à l’amour du prochain. Et il souffle sans le vouloir sur la flamme de la révolte protestante, à laquelle il fournit des armes sous la forme de traductions - du grec en latin - de la Bible et des évangiles. Chacun peut désormais lire et interpréter les textes sacrés !

Commence un face à face sous tension et intelligent entre Erasme et Luther. Zweig joue sur les contrastes entre l’un et l’autre : il décrit un Erasme malingre, modéré, esthète face à Luther, robuste, grossier et fanatique. Quand Luther se dresse contre l’église catholique qui refuse de céder, Erasme fuit la scène politique, se replie dans la solitude et contemple avec amertume la guerre qu’il redoutait plus que tout, tandis que Luther triomphe.

Comme pour Marie-Antoinette, Stefan Zweig expose dans cette courte biographie les qualités et les défauts d’Erasme avec compréhension, expliquant avec clarté ses actes et leurs conséquences tragiques.




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