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  • judith veil

Ce que je ne veux pas savoir et Le coût de la vie par Déborah Levy

Ce que je ne veux pas savoir se compose de trois textes courts. Le premier se passe au présent, où nous apprenons que la narratrice vit une période « compliquée », qu’elle pleure beaucoup, et qu’elle a décidé de partir à Palma de Majorque, dans une petite pension à l’écart tenue par Maria, célibataire et sans enfant mais qui subit tout de même la domination de son frère, son associé. Dans son œuvre, Deborah Levy observe finement les comportements masculins (gestes, prises de paroles…) qui dénotent leur certitude que les femmes ont une moindre valeur qu'eux. Dans ce texte, elle cite aussi Marguerite Duras ou George Sand pour évoquer les contraintes destructrices du statut maternel. Dans Le coût de la vie, elle souligne plusieurs fois que les hommes qu’elle rencontre parlent de «leur femme» sans jamais donner leur nom.

Le second texte raconte son enfance en Afrique du Sud et les années d’absence de son père, emprisonné pour avoir lutter contre l’Apartheid. Dans le troisième, elle se décrit adolescente à Londres, seule avec une mère dont l’éducation manque de tendresse. Ce voyage dans le temps propose une introspection – comment en suis-je arrivée là ? Qui suis-je ? qui ai-je été ? – qui aborde la violence du monde d’une démarche légère.

Le coût de la vie raconte sa vie après son divorce, son déménagement avec ses deux filles. Elle y parle des rencontres et de l’entraide, des problèmes de tuyauteries et de son travail d’écriture. Son texte reçoit aussi la visite inattendue d’oiseaux sur le balcon, qui rappellent le perroquet en cage que la petite fille libère malgré l'interdit dans Ce que je ne veux pas savoir, ou d’abeilles, ici de bonne augure, qui l'avaient autrefois attaquée dans un épisode de son adolescence. Deborah Levy accompagne aussi sa mère dans ses derniers jours et note les symptômes du deuil après celui du divorce. Vers la fin du livre, elle se voit, mère de 40 ans, dans son nouvel appartement, et s’imagine accueillant chez elle la petite fille qu’elle a été. « Elle est heureuse que la petite inconnue se sente chez elle dans sa maison. Fonder un foyer exige du temps, du dévouement et, surtout, de l’empathie. »









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